• La nausée et les mains sales

    La nausée et les mains sales

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    Vous arrive-t-il d’éprouver cette nausée? Aux USA, un mouvement politique et un homme à sa tête, emportent le monde dans l’ignominie. Cet homme, je n’ai plus envie de le nommer. Chaque jour, je me dis qu’il est parvenu au sommet de l’abject et… il en rajoute une couche, un geste, une parole, un tweet, un fake plus absurde, plus destructeur, plus ignoble que la veille. Et le monde assiste au massacre, de la raison, du sens commun, de son humanité. Les télévisions diffusent, les médias répètent, les démocrates s’agitent, les magagas approuvent, les chroniqueurs commentent, les diplomates nuancent, les démocraties…

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  • C’est toujours mon corps qui danse l’écriture

    C’est toujours mon corps qui danse l’écriture

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    M.C. Escher, Mains dessinant (Drawing Hands), lithographie, 28,2 x 33,2 cm, janvier 1948 Je suis en retard d’une polémique. Alors que, depuis plusieurs semaines, j’arpentais mes mots et mes idées autour d’une chronique sur l’IA et la littérature, le monde me pète à la gueule. Il n’attend personne, le monde. Surtout pas la réflexion. Je réfléchissais donc lorsque l’explosion est arrivée par surprise : la polémique au sujet du roman de Thélyson Orélien… Alors que rien n’est établi, la rumeur flambe d’un coup et la machine à broyer est lancée. Dans leur sillage, les rezosios s’en donnent à cœur joie, à…

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  • Le vide au bout du fil

    Le vide au bout du fil

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    Écrire dans le désert. Curieuse sensation que celle qui accompagne le fait de ne pas exister, pas vraiment en tout cas, de penser, parler, écrire, me tromper, reprendre le fil, écrire encore et, en fin de compte, me rendre compte que ça n’a aucune importance, parce que le monde s’en fout. Le truc de Descartes, le mec qui liait la pensée à la preuve de l’être – cogito ergo sum -, est faux. Je dis ça, mais c’est l’exact contraire: penser est ce qui reste dans le vide… Vous arrive-t-il également d’éprouver cela? Avoir cette impression d’être « à côté », pas…

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  • Eux, pas moi

    Eux, pas moi

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    Depuis deux semaines, je reçois des mots d’hommes. Pas de masculinistes ni d’inconnus, le couteau entre les dents : des amis, des collègues, des ex-collègues, des lecteurs de passage. Des hommes qui condamnent les violences faites aux femmes et, à tout le moins, le disent. Ils écrivent la même chose. Par des chemins différents, mais la même chose. « Je n’ai pas honte d’être un homme ».Combien de fois a-t-il été nécessaire de répéter la distinction nette entre ma responsabilité de genre et le fait que « je n’ai pas honte d’être l’homme que je suis ». Il n’y a pas de contradiction. Le…

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  • J’ai honte d’être un homme

    J’ai honte d’être un homme

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    Je suis Anna. Je suis Elvire. Je suis Fatima, Chiara, Yuki, Amina, Nour, Ingrid, Léa, Zineb, Marion, Consuelo, Precious, Svetlana… Je suis toutes celles qu’un homme a tuées cette année parce qu’elles étaient des femmes. Le plus souvent, c’est un conjoint, un ex, un compagnon, un père, ou un frère. La plupart du temps, les statistiques mentionnent un âge, 52 ans, 27, 45, rarement un prénom. Et ce n’est que la part émergente. J’ai honte d’être un homme. Les chiffres sont glaçants. Selon ONU Femmes et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, environ 85 000 femmes…

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  • Neutralité ! (poil au nez)

    Neutralité ! (poil au nez)

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    Le débat sur la neutralité est pauvre et comme d’ordinaire, biaisé. Autant les caricatures à la mordsmoil’noeud sur les OUI=pro-Poutine que les Non=va-t’en-guerre sont bêtes à pleurer.A l’instant, je vois même passer la photographie d’une cimetière militaire pour refuser que « les Suisses soient la chair à canon de l’OTAN ». Continue, t’auras du boudin! Nous n’en sortons pas. Ou si rarement. Une fois encore, nous avons manqué un vrai débat sur nos responsabilités d’humains face aux souffrances d’autres humains. Car à quoi d’autre servirait la neutralité sinon à assumer ce rôle-là, consciemment et avec noblesse ? Cette question ne consiste pas…

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  • La captation et l’inondation

    La captation et l’inondation

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    [EDIT 14.6..2026 16:30] L’initiative des Blabla à 10 millions a échoué. Je m’en réjouis. Sans triomphalisme. Il faut commencer par lui reconnaître ce qu’elle est : un texte politiquement redoutable. Pas habile au sens où il proposerait des solutions ingénieuses – le texte n’en proposait aucune – mais redoutable dans sa construction même. Une initiative aussi radicale, combattue par tous les partis (sauf les Blabla), par les syndicats comme par les organisations patronales et qui à capter 45% des votes n’y parvient pas par hasard. Elle touche quelque chose. Il vaut la peine de comprendre quoi. La captation des angoisses…

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  • Comment j’ai utilisé l’IA

    Comment j’ai utilisé l’IA

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    C’est assez marrant. L’autre jour, je parlais de l’IA et quelqu’un m’a demandé comment un auteur pouvait parler d’intelligence « là où il n’y en a pas ». Sur ce terrain glissant, il est nécessaire de clarifier avant de dire: je n’utilise par l’IA pour écrire autre chose qu’un rapport, une lettre à ma banque ou un email à l’autorité fiscale.  Cela étant posé, abordons un exemple d’usage (qui montrera tout de même qu’il y a, sinon de l’intelligence, du moins une perspicacité certaine).  Il y a quelques jours, je réfléchissais à la manière de proposer un outil plus fin pour retrouver…

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  • L’idiot regarde le doigt

    L’idiot regarde le doigt

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    L’imbécile, l’idiot, le stupide, c’est l’autre. C’est toujours l’autre puisque, nous, nous savons. Incontestablement. L’arrogance ne prend même plus la peine de se déguiser. On ne cherche plus le dialogue. C’est le pouvoir qu’on revendique, planqués derrière nos écrans.  Il y a une pathologie contemporaine que les rezocios n’ont pas inventée mais qu’ils ont portée à l’incandescence : la certitude. Je ne parle pas de foi ou de conviction – elles supposent un chemin, un doute traversé, une confrontation avec la complexité – non, la certitude brutale et  immédiate, celle qui n’a besoin d’aucune démonstration. Elle se suffit à elle-même.…

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  • Le devoir de parole

    Le devoir de parole

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    Delphine Horvilleur a longtemps été une référence, une figure d’humanité, par l’intelligence de ses paroles, l’ouverture qu’elles esquissaient, ses mains tendues au-dessus des gouffres fratricides. Je lisais de l’espoir dans ses mots, par le simple fait qu’ils existaient.  Puis est arrivé le 7 octobre. Et tout s’est déglingué.  Ses paroles se sont figées autour du geste abject du Hamas et des otages. On peut comprendre la douleur et la sidération. Et la préoccupation à ne pas donner de carburant à l’antisémitisme:« J’ai parfois bâillonné ma parole, pour éviter qu’elle ne nourrisse les immondices de ceux qui me menacent, ceux qui diabolisent…

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  • Nos Indignations sélectives

    Nos Indignations sélectives

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    photo MOHAMMED ABED / AFP Nous avons tous des indignations sélectives. Ne serait que pour préserver notre santé mentale. À défaut, nous péterions un câble dès le lever du jour. Déjà que le biais journalistique pour tous les trains qui m’arrivent pas à l’heure, le malheur du monde, le décompte obsessionnel des cadavres, le bruit assourdissant des bottes, les attentats à l’intelligence, les crimes contre l’humanité, nous bouffe le ventre. J’aimerais bien qu’ils s’attardent plus sur les petits gestes solidaires et humains. Oui, j’avoue, parfois je n’écoute plus. Je ne me révolte pas toujours, à chaque instant, lorsque des cadavres…

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  • Mal nommer les choses…

    Mal nommer les choses…

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    image tirée de « La route », Manu Larcenet, BD inspirée du roman de Cormac McCarthy, Dargaud 2024. Je suis toujours surpris lorsque j’entends un ultra-libéral parler de liberté. Avec ce sentiment étrange d’écouter un boucher disserter sur les vertus du tofu soyeux. Il y a comme un parfum d’imposture, au mieux une profonde méprise sur le sens des mots. Prenons par exemple la “liberté d’expression”, devenue ces derniers temps le cheval de bataille de certaines figures de l’ultra-libéralisme américain, des libertariensdutout comme Elon Musk ou JD Vance. Ils en parlent comme d’un droit sacré, un socle fondateur de la démocratie. Sur…

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